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21 ottobre de part et d'autreUn après-midi de travail où s'est concentré un échantillon de déclarations humaines désespérantes à entendre sur le moment (et pour des raisons bien différentes)
- qu'est-ce que vous avez fait à vos cheveux ?
- Euh rien, je ne vois pas pourquoi ?
- Franchement vous êtes mieux que la dernière fois. Mais qu'est-ce que vous avez fait à vos cheveux ? La dernière fois que je vous ai vu, c'est bien simple je ne vous ai pas reconnu, vous faisiez vieille, cinquante ans au moins. Bon, là c'est mieux.
- Non, je ne veux plus vous voir, vous m'énervez. D'ailleurs, je veux voir la directrice. Ce n'est plus possible, vous me cassez les pieds, j'en ai marre de vous et de vos façons de faire. Vous me prenez pour qui ? j'ai 52 ans et vous me donnez des ordres, non mais j'ai autre chose à faire.
- Vous avez appris ce qui s'est passé ?
- Pas vraiment, je me tiens rarement au courant de ce qui se passe ou alors je ne fais pas expres.
- Mais si vous avez du en entendre parler, le jeune qui est m*rt...
- mmm, je vois
- et bien c'était mon ami, je vous jure c'est dur de savoir que je ne le verrai plus jamais et que...
et qui me font sourire aujourd'hui quand je les écris (pour des raisons bien différentes aussi). 13 ottobre Sacré non de nonJ'ai fini par attraper ce foutu rhume qui me tendait la main depuis quelques jours. Il est là bien installé et restera dans mon giron jusqu'à ce que mes efforts le fassent vaciller. Mes yeux se ferment inexorablement, je respire mal, les problèmes des gens restent de l'autre côté du bureau. Seule la visite d'un jeune homme venu m'avertir qu'il avait trouvé un travail m'a rendu ma conscience pendant quelques secondes.
Je dois penser à l'anniversaire de mon petit bonhomme qui ne s'occupe pas de ce que sa mère éternue sans arrêt, lui aura six ans avec ou sans rhume.
Les copains à inviter, les bonbons à acheter, les cadeaux à trouver. Malgré mon nez souffrant, j'ai le coeur léger. jJe ne sais pas si c'est la fête à venir, ou le reste mais je sens palpiter en moi les braises qui me réchaufferont cet hiver. 03 ottobre de tout et de rienJ'ai froid. depuis ce matin.
J'ai passé un concours hier. Je croyais avoir progressé dans la gestion de mon stress mais lorsque j'en suis sortie j'ai constaté qu'un gros bouton gonflait ma lèvre superieure. Aujourd'hui, je le cherche du bout de la langue, mais je suis obligée de reconnaître qu'il a disparu.
L'aspirateur a lâché, un nouveau a intégré la maison et je profite de l'innovation plus légère et plus maniable pour passer l'engin dans la maison.
J'ai envie d'ailleurs, je regarde les destinations où la mer m'appelle, où les vagues me tendent les bras, où le sable m'invite.
Je bloque toujours sur mon texte mais maintenant je sais pourquoi.
J'ai fini les livres que j'avais achetés. Je ne sais plus quoi lire.
J'ai envie de changer de lieux de travail, d'appartement. Je crois que je vais refaire mon entrée. Une bonne idée au lieu de déménager.
J'ai acheté un pull en cachemire, je me dorlote, je m'environne de douceur.
Je voudrais rire et être drôle, je voudrais une vie exubérante mais ce n'est pas encore tout à fait au point. Pour l'instant, je sors, je vois des ami(e)s, je m'habitue à une vie sans mes grands. 27 settembre Les trois livres magiques- viens, on va faire un peu de lecture.
- oh non, j'ai pas envie. C'est nul le CP, c'est nul d'apprendre à lire.
Ce n'est pas la première fois que je l'entends dire ces phrases, suffisament inquiète pour ne pas les laisser s'envoler n'importe où. Je lui prends la main en lui disant, viens voir, je vais te montrer quelque chose.
Il rechigne mais je serre la main qui tente de s'évader.
-Reste là, je vais chercher quelque chose.
Intrigué tout de même, il m'attend, assis, sur son lit.
Je reviens avec 3 livres.
- tu vois ces livres ? Regarde les bien. Ce sont les histoires les plus fabuleuses que j'ai lues dans ma vie, des histoires extraordinaires, incroyables.
Il me regarde avec des yeux ronds, je continue.
-Si tu n'apprends pas à lire, tu ne pourras jamais découvrir ces histoires. Regarde celui-là, tu as vu comme il est usé. Ce livre est à Léonard, regarde c'est écrit dessus. Il l'a lu au moins trente fois, c'est bien simple, il le connait par coeur. Réfléchis, mais ce serait dommage de passer à côté de ça.
Il a du réfléchir deux secondes parce qu'il a courru faire sa lecture.
20 settembre ApprendreMon fils est en cours préparatoire, et apprend à lire écrire et compter. Ce qui distigue les enfants en ce début d'année, c'est que certains enfants savent déjà lire et écrire alors que d'autres pas encore.
Cet état de fait m'interroge, car mon fils se plaint de ne pas savoir lire, et je me demande tout naturellement se qui pousse les parents à privilégier un savoir plutôt qu'un autre. Pour certains, l'atout majeur est de savoir lire et écrire pour d'autres (par exemple moi) ce sera savoir nager, faire du vélo, courrir vite.
A méditer
16 settembre La parisienneJe marche de nouveau puis je cours. J'apprécie les orchestres le long de la voie, la musique me donne de l'entrain et je redémarre instantanément à chaque fois avec plus d'élan. quand les gens applaudissent, je ne me gêne pas, je le prends pour moi et cela me donne le courage de continuer.
Je vois une collègue que je ne connais pas mais qui passe devant moi régulièrement. A un moment, je suis à côté, je pense à engager la conversation mais je ne sais pas quoi lui dire. Je n'en peux plus, je voudrais m'arrêter mais le problème c'est que je ne peux pas. c'est une surprise, je ne savais pas qu'on ne pouvait pas toujours faire ce qu'on veut. Je réfléchis à la situation, je voudrais m'arrêter mais visiblement l'information a du mal à arriver. Il y a blocage quelque part. Enfin au bout de cinq minutes, je peux enfin m'arrêter de courrir et marcher un peu. La collègue me parle mais je ne comprends pas ce qu'elle me dit. Voyant que je ne réagis pas, elle hausse d'un ton et m'apprend que l'arrivée est pour bientôt et que je ne peux pas finir la course en marchant. Etonnée, je lève la tête et aperçois la banderolle d'arrivée, je cours immédiatement.
A l'arrivée, nous avons le droit à une médaille, je suis ravie, je ramène la preuve de ma participation à mon fils qui me regarde avec admiration.
Aujourd'hui, j'ai tout gagné.
15 settembre La parisienneC'est parti mon quiqui.
Je cours, j'avance, ça n'a pas l'air de trop mal se passer.
Par contre, je vois ma copine qui séloigne ou c'est moi qui s'éloigne d'elle. Comme elle plus grande que moi, je fixe sa queue de cheval légère qui gambade avec elle. Bientôt, je ne la verrai plus mais je m'y fais. Les filles avancent et moi j'ai l'impression de faire du sur place, c'est un peu vrai et un peu faux en même temps. Je cours donc j'avance mais en même temps je suis bien obligée de m'avouer que toutes celles qui se trouvaient derrière moi me dépassent. Je pense toujours, les pensées viennent et s'en vont très rapidement. Bientôt je ne pourrai plus penser. Au bout de 2km et demi, je marche un peu et je reprends pour m'arrêter au 3e km. C'est la pause, c'est fou ce qu'une bouteille d'eau peut faire plaisir et ne parlons pas des bananes et des fruits secs.
Il en faut peu pour me remonter le moral, je suis guillerette et je repars de plus belle.
Je ne peux plus penser mais je ne peux tout de même pas faire que courir alors je lis, les noms des boutiques (il y a pas mal de chocolatiers), les noms des entreprises sur les tee-shirts, les affiches des supporters.
Je cherche les miens, mais je ne les vois pas. Je cherche, je cherche, je me dis que je vais les louper. je commence à fatiguer et le moral baisse. J4ai le coeur qui fond. Je marche un peu et je reprends. Il ne faut pas qu'il fasse plus chaud, j'ai déjà trop chaud. Je suis très rouge, je le sens.
J'entends mon prénom, je continue à courrir, mon prénom m'interpelle à nouveau, je me retourne et je vois mes nièces, venues soutenir leur mère, qui me saluent.
Mon coeur fait un bon, ça fait de bien de voir des visages connus. Dix mètres plus loin, je vois mes supporters, je suis soulagée et plus légère. J'ai des ailes aux pieds.
Je repense aux paroles de mon petit garçon, la veille au moment de s'endormir, qui m'a murmuré "tu fais ce que tu peux, si tu gagnes pas de médaille, c'est pas grave"
La suite demain...
14 settembre La parisienneCourse de six kilomètres à laquelle participent quinze mille femmes pour autant de raisons certainement.
J'y suis allée sous l'injonction d'une amie en tremblant. Je ne connais pas le mot courrir, il n'existe pas dans mon vocabulaire ou alors je l'emploie pour mon fils accessoirement. Je ne pratique pas le jogging, le footing et tout ce qui a besoin de voir des pieds se déplacer rapidement au point qu'ils ne doivent pas être sur le sol en même temps, sinon ce n'est pas courrir.
Finalement quand on court on réfléchit beaucoup, pas forcément bien, mais beaucoup.
Qu'est-ce queje fais là au milieu d'une foule dense, sur un pont ?
entrain d'écouter hurler une fille et un gars sensés nous aider à préparer la course, à nous échauffer. Avec le monde qu'il y a, j'espère que le pont est solide.
Franchement, je ne me vois pas tomber au milieu de toutes ces filles.
Je n'y arriverai jamais, je ne sias même pas ce que c'est que courrir, ai-je appris au moins ? je n'en suis pas sûre, mais que font les parents ? ma mère m'a appris à tricoter et mon père à poser du carrelage mais courrir point.
Je vais ...je m'en vais c'est l'heure, poussée par la foule je suis bien obligée de suivre le mouvement.
La suite demain... 02 settembre Le livreComme d'habitude lorsque j'entre dans une librairie, j'ai un moment d'hésitation. Souvent j'entre en pensant à autre chose et le fait de me retrouver dans un endroit auquel je n'ai pas pensé en y entrant, j'y suis un peu décontenancée. Je m'arrête et je me demande ce que je fais là. J'étais dans cet état d'esprit quand j'ai posé les yeux sur la femme qui me faisait face. Au lieu de me dire "tu es dans une librairie, profites en pour regarder les livres" je l'ai regardée. Je l'ai regardée parce qu'elle avait un comportement peu commun enfin, un comportement qu'on ne voit pas tous les jours. Elle était devant un rayon, "une tête de gondole" là où sont disposés les livres sortis récemment pour appater le client. Elle avait pris un livre en main et elle le caressait avec un sourire à la limite de la béatitude. Je crois que c'est le sourire qui a accroché mon regard. Je sentais bien que quelque chose clochait mais je n'arrivais pas à déterminer où, comment, pourquoi. Puis, un homme est apparu à côté d'elle. En fait il était accroupi, je ne l'avais pas vu, et il s'était levé. Il avait la canne blanche de sa femme à la main, il la prise par le bras et lui a dit "viens, on va voir la vendeuse". J'ai décidé de les suivre mais je ne sais pas ni comment ni pourquoi, je les ai perdus de vue. 01 settembre VeniseSur le guide qui nous accompagnait, il était vivement conseillé d'aller déguster une boisson dans l'un des deux cafés de la place Saint Marc étant donné la fréquentation de personnes très connues et pour leur décor. Proust avait été dans le café Florian, inutile de vous dire que je n'ai pas hésité.
Pendant quelques instants, nous étions dans une autre époque.
J'étais émue d'imaginer que mon écrivain préféré s'était assis sur la même banquette rouge que moi. Je sais, il ne me faut pas grand chose.
26 agosto Venisesi Venise est une ville touristique, et ce depuis plusieurs siècles, elles l'est mais localement. Je suis arrivée par la lagune donc, là, oui, il y a du monde et beaucoup, mais la parisienne que je suis ne s'effraie pas de cette foule. La population qu'on trouve sur la place Saint Marc, les rues avoisinantes, le pont Rialto est dense. Mais ensuite quand on s'écarte de ce pôle, les rues sont vides, désertes et on découvre une ville endormie même en plein mois d'août et peut-être surtout au mois d'août car les vénitiens, quand ils ne vivent pas du tourisme, sont en vacances ou restent chez eux pour éviter la chaleur, certainement.
L'arrivée par la lagune
Il reste de la place pour marcher.
Il y a déjà moins de monde ici.
Et sur cette place, il n'y avait que nous.
25 agosto WineQuand ma fille va aux Etats-Unis pour ses vacances, elle reste professionnelle malgré tout. Je vous conseille de faire un petit tour avec elle sur le lien ci-dessous :
si vous ne comprenez pas l'anglais ce n'est pas grave, il y a des photos. VeniseSur le moment, doute, je n'y crois pas. D'ailleurs je ne crois à rien, ni à ce que je vois, ni à ce que j'entends. Je compare sans cesse, à ce que je pensais y trouver, à ce qu'on m'avait dit, à d'autres villes.
Pendant ces deux petits jours, je n'aurais pas eu assez de recul pour profiter de la ville merveilleuse. Quand un peu plus tard, je regardai les photographies prises pendant ces deux jours, je trouvai la ville magnifique. Depuis je ne pense qu'à une chose : y retourner.
28 luglio L'attente du voyage est aussi belle que le voyageLes franciliens sont de repartis. Le matin, je ne trouve personne à la gare, les trottoirs sont déserts. Mes plages de rendez-vous deviennent vacantes et j'ai de nouveau le plaisir de terminer mon travail avant mon départ.
Cette année, je vais peut-être terminer mes valises avant minuit la veille du départ. L'excitation du voyage proche monte petit à petit. Je pense à l'Italie de l'année dernière, tout en espérant la retrouver la même mais pas tout à fait quand même.
Hier, mon petit garçon s'emmélait les pinceaux. Il ne savait plus qui il allait voir, ne pas voir, si c'est lui qui partait en colonie ou ses cousins et désespérait d'apprendre que ses parents ne connaissaient pas l'endroit où ils allaient passer leurs vacances.
Il va falloir que je lui explique le système des cartes routières ou mieux celui du GPS. 24 luglio ce soir je ne fais pas à manger Je fais aussi les pommes de terre sautées ?
Qu'est-ce qu'on mange ?
J'ai faim moi aussi
Tu sais qui m'a appris à faire les avions ? c'est ma mère.
Les phrases voltigent autour de moi, je les vois passer mais je n'essaie pas de les retenir. Elles font leur vie sans moi. Moi, engourdie, au ralenti, je sens la vie autour de moi, mes muscles douloureux de fatigue m'envoie tout simplement comme message "t'es bien en vie" et parfois c'est bien. 17 giugno pourquoi pasJe l'ai reconnue, l'ai saluée de la tête discrètement car elle était au téléphone. Elle a raccrochée et en voulant me laisser passer dans la file d'attente, m'a reconnue. Elle s'étonne de voir le petit dernier si grand et nous échangeons des nouvelles sur nos enfants respectifs qui furent dans la même classe. Nous nous écartons même de la file afin d'en savoir un peu plus. Nous réintégrons la file des clients sur sa question "et vous, vous avez repris une activité ?"; J'enchaîne "oui, je me suis inscrite à deux concours, celui de l'ANPE et le CAPES, j'ai réussi le premier, je suis conseillère à l'emploi" avec un grand sourire.
Elle me regarde, désolée, et prononce la phrase fatale "bon et bien, pourquoi pas".
Je suis pourtant habituée à cet air hébété, ce résignement dans la voix, cette gêne dans le regard mais j'oublie, à chaque fois je suis surprise. 15 giugno les jours comme çaL'aîné s'est fait volé son blouson et ses papiers. La seconde a enterrée le père de son petit ami et veut partir aux Etats Unis avec un ami français pour parler anglais en rentrant, le troisième a reçu une porte dans la figure et a fini sa journée aux urgences. J'ai repris le chemin du travail aujourd'hui après une semaine de détente, j'ai rencontré des gens étrangement récalcitrant à l'idée de travailler, et j'ai fini par sermoner le dernier que j'avais sous la main, tant pis pour lui.
Il y a des jours comme ça, heureusement demain il y a un anniversaire à fêter, une bonne occasion de boire du champagne et de manger un gâteau... au chocolat, bien sûr. 27 maggio Le dernier hommeLe dernier homme de mon enfance est mort. Pour marquer le coup, je me suis brûlée le poignet. Cicatrice, marque, souvenir... pour l'instant la tâche rose qui orne mon poignet est intimement liée à cette disparition.
J'étais dans les transports, le matin, en partance pour le travail. Le téléphone ne s'est pas déclenché mais un peu pus tard, quand le train est sorti du tunnel, il a sonné. J'ai écouté et puis les larmes ont coulé instantanément. Neuf ans que je ne l'ai pas vu et pourtant j'ai pleuré comme si je l'avais vu hier.
Depuis, les pensées foisonnent. La brûlure que j'ai à la main gauche depuis mon enfance est-elle la marque d'une disparition ?
La mort de mon oncle se superpose à celle de son frère en Indochine. J'ai acheté un livre sur les hommes de Dien Bien Phu (Roger Bruge). A cette lecture, j'alterne entre mal de ventre, nausée, lassitude mais je continue à petite dose.
Comment un homme que je ne voyais plus peut-il me manquer, comment sa disparition peut-elle m'affecter alors que je n'avais plus de lien avec lui ? Est-ce que je pleure sur mon enfance à tout jamais perdue ?
17 maggio Les objets qu'on achète deux ou plusieurs foisJ'avais acheté Le Périple de Baldassare, un jour de promenade dans une librairie. Je ne cherchais rien de particulier mais le petit mot de recommandation du libraire devant la pile du livre, sa couverture aussi ont fait que j'ai acheté le livre sans hésitation. A l'époque je travaillais dans une ville de banlieu assez lointaine et chaque jour mon livre me racontait les voyages de Baldassare. J'adorais, je n'ai rencontré, depuis, qu'une seule fois des personnages aussi vivants, ayant une personnalité telle que j'avais l'impression que j'aurais pu le rencontrer dans le RER s'il avait existé à cette époque.
Et puis, un jour, j'attendais le train, assise, le livre dans un sac en plastique pour le protéger de la pluie. Je l'ai oublié sur le banc.
Il ne me restait plus qu'une dizaine de pages à lire, j'étais déçue, très déçue. Je ne savais pas comment, pourquoi j'avais pu oublier un livre qui comptait autant pour moi sur le banc d'un quai de gare.
J'aurais pu retourner dans une grande librairie où on fait ce que l'on veut et où lire quelques pages d'un livre passe complètement inaperçu, mais j'ai racheté le livre. Je ne pouvais pas imaginer ne pas avoir ce livre chez moi, ne pas abriter Baldassare dans ma maison.
J'ai fini mon livre tout neuf et depuis mes enfants l'ont lu.
Maintenant, je sais que si j'ai oublié le livre sur un quai de gare, il a fait le bonheur de quelqu'un, forcément.
Par la suite, j'ai lu les autres ouvrages d'Amin Maalouf mais je n'ai jamais rencontré un personnage aussi vivant que Baldassare. 10 maggio Histoire du soirEn attendant l'histoire du deuxième objet acheté deux fois, je raconte aujourd'hui mes interrogations restées sans réponse au sujet de l'histoire "le chat botté".
Il me semble que c'est une histoire que j'ai découverte assez tard mais je n'arrive pas à fixer un âge sur ce "assez tard". Ce conte ne faisait pas partie de la collection d'histoire de la seule personne qui m'en racontait, ma mère. Aussi, soit elle me le lut, soit quelqu'un d'autre le fit.
Le mystère de cette histoire réside dans son incompréhension. Je ne comprenais pas un épisode qui m'empêchait d'avoir une vision globale de l'histoire. Quelque chose m'échappait, mais quoi ?
Le mystère d'aujourd'hui réside toujours dans l'incompréhension car je ne sais plus ce que je ne comprenais pas, et je ne comprends pas ce que je ne pouvais comprendre.
Depuis, je l'ai raconté bien des fois et le mystère est resté.
Aujourd'hui, je raconte "Le chat botté" à mon fils. Au moment où le chat botté demande à son maître d'aller dans l'eau (et le jeune maître obéit), le chat crie alors "au secours mon maître se noie", mon fils m'interrompt et me demande "comment le garçon est-il tombé dans l'eau ?".
Je m'assure que mon fils écoute ce que je raconte (cela lui arrive surtout quand il ne s'agit pas d'histoire), et je me dis que je tiens peut-être, là, une piste.
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