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04 novembre Après la pluie, le beau tempsJe m'en souviens toujours quand le soleil est là.
Comment suis-je pour être desespérée lundi et en joie le mercredi ?
Hier, il a plu toute la journée, aujourd'hui le soleil brillait. J'ai profité du mauvais temps pour ranger, jeter, nettoyer. Moi qui ai horreur du ménage, j'astique à tout va. J'ai envie de propre, de neuf, de renouvellement.
J'ai passé d'excellentes vacances, demain le travail m'attend. 02 novembre Le dos tournéIl suffit que j'ai le dos tourné cinq minutes, allez un week-end pour que tout change, que la vie tout à coup ne sera plus la même, un autre goût, une autre couleur. Ma fille a pris ses affaires sous le bras et a quitté la maison.
J'ai eu le temps de m'y faire, j'étais prévenue depuis plusieurs mois, elle cherchait un appartement. J'avais compté sur la difficulté de trouver un logement pour une apprentie, et j'avais raison mais elle est un peu comme sa mère quand elle veut quelque chose elle ne lâche pas facilement.
Quand je dis que j'ai eu le temps de m'y faire, disosn plutôt que j'étais prévenue.
Je suis sincèrement égoîste aujourd'hui. Je pense à moi plutôt qu'à elle. Je ne suis pas contente pour elle mais désolée pour moi. Aujourd'hui, et demain est un autre jour. 24 ottobre L'échaffaudageUn jour, mon père est tombé d'un échaffaudage.
Naturellement, ma mère et moi ne l'avons pas appris tout de suite, nous n'avions pas le téléphone. L'obscurité était déjà tombée quand je me suis posé la question où pouvait être passé mon père, car mon père rentrait tous les jours à la même heure sauf quand il allait au BHV.
J'ai posé la question à ma mère qui a été forcé de me répondre qu'elle ne savait pas. J'ai du sentir son anxiété mais je n'en ai pas été inquiéte plus que ça. A cet âge, je ne croyais pas que mon père pouvait mourrir.
Nous avons attendu, et enfin la sonnette de la porte a tinté. Je ne sais plus qui a ouvert mais je sais que je l'ai vu sur le palier. Il semblait gêné et cachait son bras droit derrière le dos. Puis, il est entré et nous avons vu son plâtre.
Ce jour-là, il pleuvait. Ils étaient deux sur l'échaffaudage, ils ont glissé et sont tombés. Mon père, droitier, s'est cassé le bras droit, l'autre, gauché, s'est cassé le bras gauche (à cette époque, les échaffaudage n'étaient pas sécurisés par des filets).
Ce jour-là, j'ai appris que mon père faisait un métier dangeureux, je crois que mon admiration a doublé de volume.
Je garde de cette époque un souvenir amusé. Ma mère devait couper la viande de son époux, lui lacer ses chaussures... Mon père essayait d'en rire, ce qui faisait que je devais en rire aussi. Pourtant, j'ai cette impression d'arrêt sur image que j'ai souvent eu dans mon enfance quand quelque chose me posait question. 13 ottobre Sacré non de nonJ'ai fini par attraper ce foutu rhume qui me tendait la main depuis quelques jours. Il est là bien installé et restera dans mon giron jusqu'à ce que mes efforts le fassent vaciller. Mes yeux se ferment inexorablement, je respire mal, les problèmes des gens restent de l'autre côté du bureau. Seule la visite d'un jeune homme venu m'avertir qu'il avait trouvé un travail m'a rendu ma conscience pendant quelques secondes.
Je dois penser à l'anniversaire de mon petit bonhomme qui ne s'occupe pas de ce que sa mère éternue sans arrêt, lui aura six ans avec ou sans rhume.
Les copains à inviter, les bonbons à acheter, les cadeaux à trouver. Malgré mon nez souffrant, j'ai le coeur léger. jJe ne sais pas si c'est la fête à venir, ou le reste mais je sens palpiter en moi les braises qui me réchaufferont cet hiver. 03 ottobre de tout et de rienJ'ai froid. depuis ce matin.
J'ai passé un concours hier. Je croyais avoir progressé dans la gestion de mon stress mais lorsque j'en suis sortie j'ai constaté qu'un gros bouton gonflait ma lèvre superieure. Aujourd'hui, je le cherche du bout de la langue, mais je suis obligée de reconnaître qu'il a disparu.
L'aspirateur a lâché, un nouveau a intégré la maison et je profite de l'innovation plus légère et plus maniable pour passer l'engin dans la maison.
J'ai envie d'ailleurs, je regarde les destinations où la mer m'appelle, où les vagues me tendent les bras, où le sable m'invite.
Je bloque toujours sur mon texte mais maintenant je sais pourquoi.
J'ai fini les livres que j'avais achetés. Je ne sais plus quoi lire.
J'ai envie de changer de lieux de travail, d'appartement. Je crois que je vais refaire mon entrée. Une bonne idée au lieu de déménager.
J'ai acheté un pull en cachemire, je me dorlote, je m'environne de douceur.
Je voudrais rire et être drôle, je voudrais une vie exubérante mais ce n'est pas encore tout à fait au point. Pour l'instant, je sors, je vois des ami(e)s, je m'habitue à une vie sans mes grands. 20 settembre ApprendreMon fils est en cours préparatoire, et apprend à lire écrire et compter. Ce qui distigue les enfants en ce début d'année, c'est que certains enfants savent déjà lire et écrire alors que d'autres pas encore.
Cet état de fait m'interroge, car mon fils se plaint de ne pas savoir lire, et je me demande tout naturellement se qui pousse les parents à privilégier un savoir plutôt qu'un autre. Pour certains, l'atout majeur est de savoir lire et écrire pour d'autres (par exemple moi) ce sera savoir nager, faire du vélo, courrir vite.
A méditer
28 luglio L'attente du voyage est aussi belle que le voyageLes franciliens sont de repartis. Le matin, je ne trouve personne à la gare, les trottoirs sont déserts. Mes plages de rendez-vous deviennent vacantes et j'ai de nouveau le plaisir de terminer mon travail avant mon départ.
Cette année, je vais peut-être terminer mes valises avant minuit la veille du départ. L'excitation du voyage proche monte petit à petit. Je pense à l'Italie de l'année dernière, tout en espérant la retrouver la même mais pas tout à fait quand même.
Hier, mon petit garçon s'emmélait les pinceaux. Il ne savait plus qui il allait voir, ne pas voir, si c'est lui qui partait en colonie ou ses cousins et désespérait d'apprendre que ses parents ne connaissaient pas l'endroit où ils allaient passer leurs vacances.
Il va falloir que je lui explique le système des cartes routières ou mieux celui du GPS. 24 luglio ce soir je ne fais pas à manger Je fais aussi les pommes de terre sautées ?
Qu'est-ce qu'on mange ?
J'ai faim moi aussi
Tu sais qui m'a appris à faire les avions ? c'est ma mère.
Les phrases voltigent autour de moi, je les vois passer mais je n'essaie pas de les retenir. Elles font leur vie sans moi. Moi, engourdie, au ralenti, je sens la vie autour de moi, mes muscles douloureux de fatigue m'envoie tout simplement comme message "t'es bien en vie" et parfois c'est bien. 15 giugno les jours comme çaL'aîné s'est fait volé son blouson et ses papiers. La seconde a enterrée le père de son petit ami et veut partir aux Etats Unis avec un ami français pour parler anglais en rentrant, le troisième a reçu une porte dans la figure et a fini sa journée aux urgences. J'ai repris le chemin du travail aujourd'hui après une semaine de détente, j'ai rencontré des gens étrangement récalcitrant à l'idée de travailler, et j'ai fini par sermoner le dernier que j'avais sous la main, tant pis pour lui.
Il y a des jours comme ça, heureusement demain il y a un anniversaire à fêter, une bonne occasion de boire du champagne et de manger un gâteau... au chocolat, bien sûr. 27 maggio Le dernier hommeLe dernier homme de mon enfance est mort. Pour marquer le coup, je me suis brûlée le poignet. Cicatrice, marque, souvenir... pour l'instant la tâche rose qui orne mon poignet est intimement liée à cette disparition.
J'étais dans les transports, le matin, en partance pour le travail. Le téléphone ne s'est pas déclenché mais un peu pus tard, quand le train est sorti du tunnel, il a sonné. J'ai écouté et puis les larmes ont coulé instantanément. Neuf ans que je ne l'ai pas vu et pourtant j'ai pleuré comme si je l'avais vu hier.
Depuis, les pensées foisonnent. La brûlure que j'ai à la main gauche depuis mon enfance est-elle la marque d'une disparition ?
La mort de mon oncle se superpose à celle de son frère en Indochine. J'ai acheté un livre sur les hommes de Dien Bien Phu (Roger Bruge). A cette lecture, j'alterne entre mal de ventre, nausée, lassitude mais je continue à petite dose.
Comment un homme que je ne voyais plus peut-il me manquer, comment sa disparition peut-elle m'affecter alors que je n'avais plus de lien avec lui ? Est-ce que je pleure sur mon enfance à tout jamais perdue ?
10 maggio Histoire du soirEn attendant l'histoire du deuxième objet acheté deux fois, je raconte aujourd'hui mes interrogations restées sans réponse au sujet de l'histoire "le chat botté".
Il me semble que c'est une histoire que j'ai découverte assez tard mais je n'arrive pas à fixer un âge sur ce "assez tard". Ce conte ne faisait pas partie de la collection d'histoire de la seule personne qui m'en racontait, ma mère. Aussi, soit elle me le lut, soit quelqu'un d'autre le fit.
Le mystère de cette histoire réside dans son incompréhension. Je ne comprenais pas un épisode qui m'empêchait d'avoir une vision globale de l'histoire. Quelque chose m'échappait, mais quoi ?
Le mystère d'aujourd'hui réside toujours dans l'incompréhension car je ne sais plus ce que je ne comprenais pas, et je ne comprends pas ce que je ne pouvais comprendre.
Depuis, je l'ai raconté bien des fois et le mystère est resté.
Aujourd'hui, je raconte "Le chat botté" à mon fils. Au moment où le chat botté demande à son maître d'aller dans l'eau (et le jeune maître obéit), le chat crie alors "au secours mon maître se noie", mon fils m'interrompt et me demande "comment le garçon est-il tombé dans l'eau ?".
Je m'assure que mon fils écoute ce que je raconte (cela lui arrive surtout quand il ne s'agit pas d'histoire), et je me dis que je tiens peut-être, là, une piste.
05 maggio Les objets qu'on achète deux ou plusieurs foisIl y a parfois des actes manqués, ou des actes pas tout à fait terminés qui laissent un goût de revenez-y. Acheter un objet qui n'ira pas jusqu'à la maison ou bien il y restera si peu qu'il faudrat le remplacer rapidement. C'est ce qui est arrivé à une tasse choisie avec application par mon fils dans le magasin de décoration. Un tasse exotique à décor de savane avec un zébre. La tasse enveloppée dans du papier blanc et leger est posée dans un sac en plastique sur la table. Il l'a acheté avec son papa quelques heures auparavent et souhaite me la montrer. Il prend délicatement le papier entre le pouce et l'index et le déroule, la tasse restée coincée un moment dans la papier tombe sur la table et aussitôt l'anse quitte sa moitié. Les larmes roulent sur les joues de l'enfance.
Mon coeur se fend à la vue de ses ruisseaux enfantins et j'emmène mon petit à la boutique pour y faire l'achat du même objet. Nous revenons à la maison, le coeur plus léger à l'idée de la tisane que nous pourrons partager. La sonnerie du téléphone interrompt la conversation, je dois changer le sac de main pour y trouver l'engin perturbateur. Mais j'ai aussi le sac en plastique blanc dépositaire de la tasse et je ne sais plus très bien ce que je tiens et de quelle main. Le sac blanc tombe par terre et j'entends à l'instant même un fracas de petits morceaux brisés. L'enfant lève les yeux vers moi, un vent de panique traverse son regard. Moi, découvrant sa tristesse, je panique et pour de bon. Je choisis d'en rire, on n'a jamais vu ça, casser une tasse deux fois de suite. Le petit garçon soulagé, rit aussi surtout en retournant au magasin où je riais et riais de la tasse cassée, espérant que cela serait la deernière fois. A la boutique j'achetai pour la troisième fois la tasse, la savane et le zèbre.
Depuis, la troisième tasse a intégré la maison, elle a servi plusieurs fois et y séjourne en paix. 15 aprile Mots d'enfantA la question "que veux-tu manger ce midi ?", mon fils me rétorque "une saucisse et sept petits pois".
Ce jeune garçon a de l'humour à revendre mais je dois m'empêcher de rire ou même de sourire car il ne reconnaît pas la différence entre la moquerie et le rire qu'on peut faire jaillir des autres par un bon mot.
J'ai beau lui expliqué que faire rire les autres, c'est un métier, un métier difficile, que tout le monde ne peut exercer, il reste sur son idée de moquerie.
Vivement qu'il comprenne ! 08 aprile Pensées en vracJe suis fière de mon mois de mars.
Je suis alllée au théâtre quatre fois, j'ai vu cinq films, j'ai repris l'écriture du blog avec une serie de détails personnels qui m'a redonné l'envie de continuer, j'ai trouvé une série de livres facile à lire que j'enfile les uns après les autres.
Aujourd'hui, piscine, au bout d'une demi- heure de barbottage dans une eau un peu fraîche, nous sortons pour nous réchauffer sous les douches. Depuis, j'ai mal partout, et je lutte pour ne pas m'écrouler et m'endormir.
J'ai relégué les gros pulls au fond de l'armoire. Je tente de mettre une nouveauté sans manches acquise récemment mais j'ai froid.
Aujourd'hui, le café n'est pas bon. Je detecte une eau pas très neutre.
Mon fils veut m'envoyer au cinéma pour jouer avec le babby-sitter. Le froid a pris la poudre d'escampette et je m'éveille au printemps avec une énergie nouvelle.J'ai toujours autant de mal avec les chaussures. J'en ai acheté une paire que je ne peux pas mettre tout de suite il fait trop froid, et une autre que je ne peux pas enfiler chez moi alors que je l'ai mise sans problème chez le marchand. Mais j'ai toujours envie de m'acheter d'autres chaussures, le seul problème que je rencontre c'est que je n'en trouve pas qui soient à mon gout.
Je pense à la nouvelle que je dois écrire pour participer au concours auquel je me suis inscrite, et aussitôt je pense au temps qu'il me reste et je me dis "ça va". 11 gennaio La bonne annéeJ'ai commencé 2009 sous des hospices de mauvaises humeur, de grippe et de maux de têtes interminables. J'avais fini par me dire que 2009 ne saurait être bonne, je l'avais condamnée d'avance la mignonne. Puis j'ai trouvé le remède à mes maux et finalement j'ai vu le jour d'une autre couleur.
Depuis la semaine dernière, je trouve des avantages aux situations qui surgissent inopinément. La neige me ravit car je n'irai pas aux sports d'hiver cette année. Une nouvelle aire s'ouvre au travail et je la découvrirai.
2009 sera une année pleine de surprise. Bonne année à tous. 12 dicembre NoelMes collègues disparaissent un peu plus chaque jour (mutation, retraite, congés de maternité).
Nous ne savons pas ce que nous allons devenir.
Ma paie reste statique.
Les collègues avec qui je ris le plus s'en vont.
Notre part de travail va exploser.
Mais curieusement, je reste indifférente à tout ce vacarme qui entoure ma vie professionnelle, la tête dans les nuages.
Cette année, Noël influence mon être. Je vois les guirlandes, les boules et les illuminations et j'ai envie d'y croire.
Demain, j'irai acheter quelques décorations supplémentaires pour rendre la maison enchantée. 11 dicembre Dialogue du soir- C'est mon frère qui m'a mis en pyjama.
- Oui, tu es content ?
- Je sais pas.
-Il faut dormir maintenant.
- Mais je pense à la sorcière, elle nous mangeait mais c'était bien.
- Ah bon, tu n'as pas peur alors ?
- Non.
- Dors bien.
- Oui et toi, fais de beaux rêves. T'es belle.
- Toi aussi tu es beau
- Oui, maman.
11 novembre Le trajet
Il est huit heures moins le quart, je sors de l’immeuble à grand renfort d’efforts pour ouvrir une porte encore trop lourde. Laisser à regret la tasse de café, quitter l’enfant qui s’éveille, s’arracher à une étreinte trop brève. Je traverse tout de suite, histoire de mettre la rue entre eux et moi, penser au chemin, tourner à gauche, m’éloigner au plus vite. Je franchis l’avenue, les voitures grondent, vite, je m’enfuie dans la petite rue. Je passe à côté d’une fenêtre protégée par un store. Je sais qu’il s’agit d’une salle d’attente et tous les matins, j’essaie d’apercevoir la présence d’un patient. Je n’aime pas perdre mon temps même en chemin, je marche donc vite pour réduire mon temps de voyage mais j’observe aussi, c’est toujours ça de gagner. Plus loin, au croisement d’une autre avenue et d’une rue, il y a un chantier important pour le quartier, puisque les trottoirs minuscules s’agrandissent et permettront aux passants d’y marcher aisément. Je cherche des yeux le tout jeune ouvrier. La semaine de la rentrée scolaire, il avait dévisagé un garçon du même âge et de la même taille que lui. Son regard m’avait happé et j’en gardais un souvenir bouleversé. Les barrières grises et vertes, si elles délimitaient le chantier, n’empêchaient pas les ouvriers de voir l’extérieur ni les passants de suivre l’évolution des travaux. Le lycéen, sac au dos, mains dans les poches n’a pas eu un regard ni pour le chantier, ni pour les ouvriers, trop occupé à lever la tête et regarder le ciel. Il ne sait pas que ce jour-là, un garçon du même âge et de la même taille, lui a lancé un regard sans haine, ni envie mais plein d’admiration. Je garde le rythme, même quand je passe devant le collège. Parfois, j’ai de la chance, le feu pour piéton est rouge. Forcée de m’arrêter, j’attends et j’observe les enfants. J’aime les croiser et les entendre, bref rappel d’un passé professionnel où je tentais de leur faire découvrir la littérature. C’est toujours au feu rouge, que surgit l’interrogation, Je tente de me convaincre d’avoir fait le mauvais choix, oui ma fille, un jour ou l’autre tu le regretteras. Parfois j’y crois, parfois je fais semblant mais le feu passe au vert, je traverse et je laisse mes regrets sur le trottoir, je les y retrouverai la prochaine fois quand le feu sera rouge et que je serai dans l’obligation de m’arrêter. Bientôt, j’arriverai au métro, les distributeurs de journaux me colleront leurs papiers sur le ventre pour m’obliger à les prendre et je bougonnerai en les repoussant. Enfin, j’arrive sur le quai, c’est le début de la ligne, la voiture est vide et je peux choisir ma place tout à loisir. Je sors avec impatience le livre de Stendhal Rome, Naples, Florence pour retrouver le soleil de l’été, m’immerger dans un autre pays, voyager autrement avant d’arriver à destination. Le train s’arrête dans une petite ville ; je sors de la gare. Il fait toujours un peu plus froid. Les maisons et les jardins jalonnent ma route et dépaysent le début de ma journée. Je ralentis la cadence instinctivement. Je ne me presse plus, je me promène. Les maisons doivent ressembler à leurs propriétaires. Certaines sont d’abord carrée, pas une fleur ni un brin d’herbe ne viennent adoucir les angles. Les autres, élégantes, ont le soucis du détail et dévoilent à qui sait observer le prestige du passé. J’aime tout particulièrement, la maison en brique, avec son jardin en fouillis. Des poteries, qui jadis trônaient de chaque côté de l’escalier, gisent par terre, abandonnées. Des poupées sont accrochées aux branches des arbres de l’allée. Je rêve d’apercevoir les propriétaires et pourquoi pas de rentrer dans leur maison. Passer devant cette maison, c’est découvrir le siècle passé, retrouver l’enfance, toucher du doigt l’expérience de Tom et le jardin de minuit (Philippa Pearce). Mais les pas de la réalité m’entraînent et j’arrive à destination. Je frappe au carreau, des voix s’élèvent, dans cinq secondes, on va m’ouvrir. 15 ottobre après la pluie vient le beau tempsIl est parti. Il n'empêche qu'il est et reste mon petit, que je l'aime qu'il me manque et que son départ me fend le coeur. J'ai fini par le lui dire et il en a été bien surpris.
Depuis que je sais qu'il doit partir, la tempête m'envahit. Le vent de mes sentiments m'entraîne et me fait tomber régulièrement. Mon dos ne supporte plus le poid si lourd du départ. Je suis traversée par des vagues de tristesse, de colère, d'incompréhension. La tempête et parfois un ouragan qui me laisse ahurie et épuisée.
Je me dis que ça n'en finira jamais, que je ne pourrai jamais m'habituer, que je souffrirai à vie de son absence et que d'ici là quand les autres seront partis, la douleur du vide s'ajoutera à celle-ci, je ne serai que souffrance. Je m'aigris (et par la même occasion je grossis) je ne me reconnais plus. Les calins du petit dernier ne me consolent pas. Je rale, je rouspete, je critique, je m'enerve, je n'en vois plus le bout. Je souffre. Je ne peux plus écrire, ni marcher.
Le temps passe et le mauvais temps s'installe.
Enfin, un jour, le fils trouve un appartement. L'événement est de taille, pour la mère. Comme par enchantement, la tempête se calme, la mer devient calme, le soleil brille.
Je m'étonne toujours que le symbolique fonctionne de la sorte aussi merveilleusement. D'un jour à l'autre, de la pluie au beau temps, des larmes au rire, le temps d'apréhender l'homme qui fut mon enfant. 08 ottobre Il préciseIl précise : Maman quand je dis que tu es moche parce que je suis fâché et bien tu es belle quand même. |
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