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09 novembre

L'eau

Etre dans l'eau, c'est quoi ?
C'est être habillée d'eau sans avoir à être gênée dans ses mouvements. C'est avoir collé à soi et partout en même temps une matière autre que l'air.
C'est être aussi forcément plus légère que sur terre tout en étant sur cette terre tout de même.
C'est glisser de tout son corps, il n'y a que là que l'on peut glisser de cette façon. C'est être entre deux mondes.
Entrer dans l'eau c'est comme déguster du chocolat, la tension tombe et le plaisir est là. Être dans l'eau c'est embrasser quelque chose.
Je ne sais pas quoi.
 
 
J'aime bien dire n'importe quoi, des fois.
08 novembre

L'eau

Après avoir lu le billet de drôle de bonhomme, j'ai eu envie moi aussi de parler de mon rapport à l'eau.
Je crois que j'ai toujours aimé l'eau depuis mon plus jeune âge.
J'allais à la mer tous les étés, en Normandie tout d'abord ; l'eau froide ne me posait aucun problème. Ensuite, ce fut l'océan atlantique et les vagues me roulaient et m'essoraient contre les galets sans que j'en fusse dégoûtée.
Enfin adulte, je continuais à nager à la piscine ou bien lors de séjours au bord de la mer.
Arriva pourtant une période de ma vie où j'allais mal et je fis plusieurs fois le rêve que je me noyais dans une eau sombre. Je me réveillais apeurée à chaque fois. Ce rêve qui était une métaphore tout à fait claire de ma situation m'impressiona pourtant au point (c'est dire que je n'avais vraiement aucun recul) que je ne pouvais me baigner dans aucune eau qui ne soit claire. Des que je ne voyais pas mes pieds, je restais au bord de l'eau. Un jour que je passais des vacances au bord d'un lac, j'eus la possibilité d'apprendre à naviguer, ce dont j'avais envie depuis très lontemps. Mais l'eau du lac n'était vraiment pas transparente et je restai à quai, désespérée.
Depuis, je nage en piscine et dans une mer transparente uniquement, ce qui est très rare. Mais le plaisir que j'ai quand je me glisse dans l'eau ne diminue pas au contraire, il s'exacerbe (enfin tout est relatif, quand je rentre dans une piscine à Paris, je ne parle pas de plaisir).
Le must, une piscine au milieu des oliviers en Italie. La terre et l'eau.
25 agosto

Venise

 
Sur le moment, doute, je n'y crois pas. D'ailleurs je ne crois à rien, ni à ce que je vois, ni à ce que j'entends. Je compare sans cesse, à ce que je pensais y trouver, à ce qu'on m'avait dit, à d'autres villes.
 Pendant ces deux petits jours, je n'aurais pas eu assez de recul pour profiter de la ville merveilleuse. Quand un peu plus tard, je regardai les photographies prises pendant ces deux jours, je trouvai la ville magnifique.
Depuis je ne pense qu'à une chose : y retourner.
 
31 luglio

on change de nom

Il a d'abord décidé de changer le nom du chien et m'a demandé de quel nom affubler  la bête, j'ai dit Merluche. Il a répété Meurluche. ça lui a beaucoup plu. Et puis Merluche est devenu peluche et puis meluche; Enfin on voyage parmi les lettres.
Seulement après, c'était lui qui devait changer de nom, j'ai proposé Plouf. Il a réfléchit et puis a demandé "il aime quoi Plouf ?"
J'ai répondu "il aime les histoires, parler, jouer avec ses amis, et se bagarrer"
Non, j'aime pas me bagarrer et puis j'aime pas Plouf, je veux un autre nom ?
Je l'interroge "quel nom veux-tu alors"
"Je veux m'appeler Lô et Lô il aime les histoires. Et toi, tu t'appelles comment ?"
"Sais pas"
"Tu t'apelles Mila"
"Ah oui, Mila ? Et qu'est-ce qu'elle aime Mila ?"
"Mila, elle aime les doux, les calins et les bisous."
Je l'interroge " les doux ?"
Ben oui, tu sais les doux"
Bien sûr, j'adore les doux.
25 febbraio

Nouvel an chinois

Je l'avais promis à Neige, alors voilà quelques photographies du défilé du nouvel an chinois du 13e arrondissement de Paris. Ce ne fut pas sans mal car l'appareil photo que j'avais emmené avec moi était si déchargé qu'il n'a pas daigné s'ouvrir. J'ai téléphoné d'urgence à un détenteur d'appareil photo qui pouvait me l'apporter rapidement (et qu'il en soit remercié). J'ai donc loupé la première partie du défilé mais j'ai mitraillé la deuxième. Il y avait beaucoup de pétards, bien sûr, et j'ai pensé à Guillaume car ici c'était joyeux, applaudissements, rires et cris, mais il faut bien le dire les nationalités présentes des spectateurs étaient nombreuses et cela changeait peut-être la done.
Je me suis dit que les chinois avaient bien de la chance d'avoir pu, à force de ténacité, organiser une telle manifestation. Les parisiens n'ont même pas droit au carnaval.
Pour les photos, descendre en bas de la page.
22 dicembre

Rêve

Je m'étonne parfois moi-même des rêves que je fais et dont je me souviens, pas par leur bizarerie mais par leur message sympathique et bienveillant, il faut bien le dire que je m'envoie. Je me poste quelques signes qui me rapelle à l'ordre de la bienséance. Par exemple, ce matin j'ai reçu un joli message de ma condition de maman, certainement un peu trop près de son petit, mais qui fait en sorte à conduire sa vie comme elle peut et qu'elle y arrive sans trop de dégât malgré mes croyances contraires. Ces jours-là, j'aprécie la dormeuse qui par son rêve m'apaise un peu le matin de mon inquiétude chronique à mener ma vie et celle de mes petits (et grands).
 
A défaut d'aller chercher le père noël, l'auteure de ce blog part à la recherche de la neige pendant une semaine. Bonne fête de fin d'année à tous. Neige ou pas.
 
  
22 novembre

Ecrire

Il y a quelques années de cela, j'ai eu la chance d'enseigner le français dans un collège. Lorsque j'ai débarqué dans la classe, j'avais surtout à coeur de partager mon savoir, d'apporter à de jeunes gens une connaissance qu'ils n'avaient pas. J'ai en quelque sorte vite déchanté car l'idée que j'avais de l'enseignement s'est éloignée de ma perception pour laisser place à un subtil échange et à la fin de l'année, j'avais acquis la certitude que les élèves m'avaient apporter plus que ce que je leur avais transmis.
Lorsque j'ai commencé à écrire, j'ai eu tendance à penser la même chose. J'allais ordonnancer des mots, les disposer de telle manière qu'ils formeraient des phrases uniques et raconteront des histoires que des lecteurs potentiels ou non liraient, peu m'importait, et cela s'arrêtait là. 
Et puis j'ai écris et si j'ai ordonnancé, disposé, formé, raconté, j'ai été surprise de mes phrases, de mes histoires. Pourquoi raconter cela plutôt que ceci ? Et moi qui pensais qu'on pouvait écrire sans lecteurs, je me suis rendue à l'évidence qu'il est l'élément essentiel pour la vie d'un texte. Les retours des lecteurs me fait sortir de mon écriture. Si leur regard personnel se dévoile au détour d'une réflexion, c'est aussi une indication précieuse que je découvre sur mes choix, m'apparaît soudain pourquoi j'ai écrit sur ce sujet.
Je ne suis plus sûre désormais de rien, sauf d'une chose celle d'écrire.
18 novembre

Le rouge à lèvres

Difficile de dire que ma mère avait banni le maquillage de sa vie, elle ne l'avait plutôt jamais adopté. La seule concession colorée qu'elle utilisait  était un rouge à lèvre qui me clouait d'admiration tant le rayon coloré irradiait le visage maternel. Je savais aussi que ma mère ne l'utilisait  que dans de grands évènements et j'attendais impatiente le moment où elle prendrait le petit bâton magique qui la transformerait. Cet instant était emprunt de tout un cérémonial imposant. D'abord le visage s'avançait vers le miroir, les lèvres formaient un oval et le petit bâton commencait son voyage pour les recouvrir de rose le plus souvent. Ma mère prenait du recul, regardait le résultat et avait alors ce geste savant et moelleux de passer les lèvres l'une sur l'autre. Je la regardais et je la trouvais belle.
Ce moment où le merveilleux côtoie le quotidien m'a tellement impressionné qu'aujourd'hui, le simple fait de mettre du rouge à lèvres me fait jubiler et j'espère toujours être aussi lumineuse que ma mère l'était et l'est encore.    
05 novembre

L'enfant a parlé

Le petit d'homme entre dans l'ascenseur, il a déjà le sourire aux lèvres en regardant les boutons posés sur la paroi. Il pointe le doigt sur l'un d'entre eux et dit :
- Là, c'est la maison.
Puis il dirige son doigt vers d'autres boutons :
- Là, on sort et là c'est la voiture.
Il se tourne vers sa mère et finit son énumération en ajoutant :
- j'ai tout parlé.
Cette phrase toute simple qu'il répète à chaque entrée dans l'ascenseur, là c'est la maison, là on sort, là c'est la voiture, j'ai tout parlé, est une ritournelle qui fait tourner la tête et chavirer le coeur de la mère abasourdie. Le "j'ai tout parlé" qui pose la reflexion de l'enfant . Il sait à quoi servent les boutons, à quelle destination ils permettent d'accéder mais surtout l'enfant est capable de mettre en mots ses pensées et il le dit. C'est bouleversant.
23 agosto

Singeries

En attendant la suite de mon billet précédent, je fais une pause singerie.  Pendant mes vacances, j'ai découvert un endroit merveilleux, la vallée des singes.
Au commencement, on y fait la queue leu leu pour y entrer (l'après-midi), puis on vous prête gentiment de grands sacs bien férmés pour y mettre vos affaires, enfin on vous donne  les dernières recommendations que parfois l'on oublies en chemin.
La visite peut commencer et l'on savance sur le petit sentier qui vous mène au pays des singes. Il y en a partout, ça voltige au dessus de vos têtes, ça vous file entre les jambes, ça hurle, ça braille et c'est génial. Pendant les pauses déjeuners de ces sympathiques animaux, les soigneurs expliquent, témoignent, préviennent, informent. Par contre, pas question de toucher aux animaux, vous apprendrez que c'est une façon de les dominer, que les sourires des chimpanzés que vous pouvez voir dans les publicités sont des réflexes de peur et de soumissions, qu'il devient urgent de ne plus consommer de bois exotic pour le bien-êtres des animaux (et des être humains). C'est beau et passionant.
Je laisse l'adresse du site (très bien fait) et si vous êtes dans la région, n'hésitez pas (Vienne, département du futuroscope).
11 luglio

Le paillasson

Mon ami Robert m'a dit que paillasson était répertorié depuis 1652 et qu'il venait de "petite paillasse".
D'un point de vue agricole, c'est une claie de paille destinée à protéger certaines cultures des intempéries. Puis vers 1750, le sens évolua et le paillasson devint une natte épaisse et rugeuse servant à s'essuyer les pieds.
Et certainement à partir de paillasse, personnage du théâtre italien, le paillasson est un personnage plat et rampant. Enfin, le terme existe pour la mode et sert à désigner une tresse de paille pour faire des chapeaux.
Protéger, accueillir, chapeauter
le théâtre, la mode, les cultures,
milles facettes qui me titillent les papilles
mais surtout et avant toutes choses, le paillasson n'est ni vraiment dedans ni vraiment dehors, il est à l'entre-deux comme ce lieu où je dépose ces quelques mots lisibles par tous. 
08 giugno

La campagne redécouverte

Aller à la campagne avec un enfant de deux ans et demi c'est redécouvrir le merveilleux au quotidien. On y apprend alors des choses qu'on avait oubliées ou mieux qu'on ne savait pas, par exemple que les poules rigolent, que les vaches éternuent, que les hautes herbes sont des portes à ouvrir pour continuer son chemin, que la lune peut s'attraper en sautant à pieds joints. J'ai découvert aussi que mon petit grandit et que maintenant son vocabulaire est à l'aune de son  imagination, fertile.