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Le paillassonNovember 09 L'eauEtre dans l'eau, c'est quoi ?
C'est être habillée d'eau sans avoir à être gênée dans ses mouvements. C'est avoir collé à soi et partout en même temps une matière autre que l'air.
C'est être aussi forcément plus légère que sur terre tout en étant sur cette terre tout de même.
C'est glisser de tout son corps, il n'y a que là que l'on peut glisser de cette façon. C'est être entre deux mondes.
Entrer dans l'eau c'est comme déguster du chocolat, la tension tombe et le plaisir est là. Être dans l'eau c'est embrasser quelque chose.
Je ne sais pas quoi.
J'aime bien dire n'importe quoi, des fois. November 08 L'eauAprès avoir lu le billet de drôle de bonhomme, j'ai eu envie moi aussi de parler de mon rapport à l'eau.
Je crois que j'ai toujours aimé l'eau depuis mon plus jeune âge.
J'allais à la mer tous les étés, en Normandie tout d'abord ; l'eau froide ne me posait aucun problème. Ensuite, ce fut l'océan atlantique et les vagues me roulaient et m'essoraient contre les galets sans que j'en fusse dégoûtée.
Enfin adulte, je continuais à nager à la piscine ou bien lors de séjours au bord de la mer.
Arriva pourtant une période de ma vie où j'allais mal et je fis plusieurs fois le rêve que je me noyais dans une eau sombre. Je me réveillais apeurée à chaque fois. Ce rêve qui était une métaphore tout à fait claire de ma situation m'impressiona pourtant au point (c'est dire que je n'avais vraiement aucun recul) que je ne pouvais me baigner dans aucune eau qui ne soit claire. Des que je ne voyais pas mes pieds, je restais au bord de l'eau. Un jour que je passais des vacances au bord d'un lac, j'eus la possibilité d'apprendre à naviguer, ce dont j'avais envie depuis très lontemps. Mais l'eau du lac n'était vraiment pas transparente et je restai à quai, désespérée.
Depuis, je nage en piscine et dans une mer transparente uniquement, ce qui est très rare. Mais le plaisir que j'ai quand je me glisse dans l'eau ne diminue pas au contraire, il s'exacerbe (enfin tout est relatif, quand je rentre dans une piscine à Paris, je ne parle pas de plaisir).
Le must, une piscine au milieu des oliviers en Italie. La terre et l'eau. November 04 Après la pluie, le beau tempsJe m'en souviens toujours quand le soleil est là.
Comment suis-je pour être desespérée lundi et en joie le mercredi ?
Hier, il a plu toute la journée, aujourd'hui le soleil brillait. J'ai profité du mauvais temps pour ranger, jeter, nettoyer. Moi qui ai horreur du ménage, j'astique à tout va. J'ai envie de propre, de neuf, de renouvellement.
J'ai passé d'excellentes vacances, demain le travail m'attend. November 02 Le dos tournéIl suffit que j'ai le dos tourné cinq minutes, allez un week-end pour que tout change, que la vie tout à coup ne sera plus la même, un autre goût, une autre couleur. Ma fille a pris ses affaires sous le bras et a quitté la maison.
J'ai eu le temps de m'y faire, j'étais prévenue depuis plusieurs mois, elle cherchait un appartement. J'avais compté sur la difficulté de trouver un logement pour une apprentie, et j'avais raison mais elle est un peu comme sa mère quand elle veut quelque chose elle ne lâche pas facilement.
Quand je dis que j'ai eu le temps de m'y faire, disosn plutôt que j'étais prévenue.
Je suis sincèrement égoîste aujourd'hui. Je pense à moi plutôt qu'à elle. Je ne suis pas contente pour elle mais désolée pour moi. Aujourd'hui, et demain est un autre jour. October 24 L'échaffaudageUn jour, mon père est tombé d'un échaffaudage.
Naturellement, ma mère et moi ne l'avons pas appris tout de suite, nous n'avions pas le téléphone. L'obscurité était déjà tombée quand je me suis posé la question où pouvait être passé mon père, car mon père rentrait tous les jours à la même heure sauf quand il allait au BHV.
J'ai posé la question à ma mère qui a été forcé de me répondre qu'elle ne savait pas. J'ai du sentir son anxiété mais je n'en ai pas été inquiéte plus que ça. A cet âge, je ne croyais pas que mon père pouvait mourrir.
Nous avons attendu, et enfin la sonnette de la porte a tinté. Je ne sais plus qui a ouvert mais je sais que je l'ai vu sur le palier. Il semblait gêné et cachait son bras droit derrière le dos. Puis, il est entré et nous avons vu son plâtre.
Ce jour-là, il pleuvait. Ils étaient deux sur l'échaffaudage, ils ont glissé et sont tombés. Mon père, droitier, s'est cassé le bras droit, l'autre, gauché, s'est cassé le bras gauche (à cette époque, les échaffaudage n'étaient pas sécurisés par des filets).
Ce jour-là, j'ai appris que mon père faisait un métier dangeureux, je crois que mon admiration a doublé de volume.
Je garde de cette époque un souvenir amusé. Ma mère devait couper la viande de son époux, lui lacer ses chaussures... Mon père essayait d'en rire, ce qui faisait que je devais en rire aussi. Pourtant, j'ai cette impression d'arrêt sur image que j'ai souvent eu dans mon enfance quand quelque chose me posait question. |
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