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Muriel Le Roy

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Le paillasson

February 08

Bazard

C'est notre voisin, il doit mesurer à tout casser un mètre et très régulièrement il vient chez moi pour la simple et très bonne raison qu'il est l'ami de mon fils. Samedi, c'était une nouveauté, il devait dormir chez nous. Naturellement, j'avais le droit chaque soir à la question c'est dans combien de nuit qu'il vient Marc ? C'est dans 6 nuits, 5, 4, 3, 2, 1 c'est aujourd'hui !
C'est un garçon agréable à partager la vie. Il mange de bon appétit, dors bien, ne réclame pas n'importe quoi à tout moment. Il est de bonne humeur, toujours partant pour beaucoup de choses. Et jusqu'à présent, je ne l'ai pas entendu se plaindre à moins que ses palintes ne soient restées dans les airs et ne soient pas parvenues jusqu'à mes oreilles.
Il avait décidé de se réveiller tôt pour avoir le temps de jouer, ce qu'il a fait et a réveillé son compère à 7h30 (tout de même). On a beau avoir beaucoup de qualités, on en reste pas moins enfant.
Ils ont joué, puis tout de même, à un moment il a pénétré dans ma chambre et me dit "maintenant j'ai faim" en plantant ses yeux noirs dans les miens. Je lui réponds instantanément "oui, bien sûr, c'est une bonne idée". Mais comme la phrase n'était pas suivie d'une action vive, il a commencé à regarder autour de lui, "c'est vraiment le bazard dans ta chambre".
Bouche bée est le terme exacte de ma réaction. Il était déjà parti quand je me suis retournée vers l'homme en état de réveil léthargique.
 - Non mais t'as entendu ce qu'il a dit ? dis-je avec émoi.
 - Pourquoi, c'est pas le bazard dans la chambre ?
 - Ben si mais c'est vexant, j'ajoute outragée.
 - Ouaip et en plus il va le dire à sa mère.
 
L'intérêt d'accueillir un élément de l'extérieur c'est la possibilité d'entendre ce que l'on se cache tous les jours.
 
J'ai pris cinq minutes pour ranger la chambre. ça ne m'a même pas fatiguer. Merci Marc.
January 11

R. Ludlum

J'ai découvert récemment avec enthousiasme la trilogie cinématographique La mémoire dans la peau avec le comédien Matt Damon. Après avoir regardé les trois films, j'ai visualisé les bonus plutôt interressants puisqu'il y a des interviews de l'écrivain R. Ludlum disparu en 2001.
Je n'ai pas eu la désagréable surprise de regarder un film après avoir lu le roman. Par contre j'ai eu l'agréable surprise d'avoir vu un film et de lire un roman ou je découvre de nouveaux personnages et de nouveaux évènements. Le personnage principal, Jason Bourne est beaucoup plus ambivalent (pour l'instant) et c'est vraiment captivant.
Je reconnais que Vertige de la liste d'Umberto Ecco a été momentanément délaissé.
Je sais je suis légère et futile. Mais Robert Ludlum me fait gagner mon lit beaucoup plus tôt depuis quelques jours. Il faut savoir prendre des décisions énergiques quand il est temps.
 
January 10

Ma robe

Je profite du séjour de ma mère à Paris pour sortir avec elle. Ses visites se résument trop depuis quelques années à nous voir, à nous parler et à repartir sans avoir profité des attractions que propose la capitale.

Mais aujourd’hui, je la sens différente. Plus dispose, moins fatiguée d’un trajet où elle s’est laissée conduire, je la sens prête à s’enhardir dans la ville.

Je lui suggère l’exposition de Renoir, elle accepte et nous voilà parties.

Avant de gagner le grand palais, je propose de longer l’avenue Montaigne un aller et retour dans l’air vivifiant de l’hiver avant le piétinement du musée. Je la sais amatrice de belles confections mais pas forcément de mode. Elle a cousu longtemps apprenant de qui voulait lui montrer, un ourlet, une emmanchure, une pince. Elle avait à la maison toute une panoplie de patrons, le papier de soie me faisait dresser les oreilles. Des qu’elle sortait sa machine à coudre, j’arrivais et je la regardais faire sans faillir du début jusqu’à la fin. Si bien qu’adulte, je pus un jour coudre sans difficulté à mon tour.

Nous nous extasions devant les boutiques, nous scrutons les vêtements, nous découvrons les accessoires et les prix. Nous examinons les coupes, les coutures, les tissus. Nous jaugeons les modèles. Nous critiquons les mannequins parfois peu adéquats aux lignes des modèles. Nous extasions entre deux nouvelles sur untel et untel. La fin de la rue est arrivée si vite, elle est bien petite cette rue. Nous traversons.

Là, dans une vitrine, deux robes de soirée nous attendent. La première que je vois est celle qui se trouve à gauche (curieusement). Sa couleur rose soutenu m’a accaparé instantanément. Elle est composée de pétales ce qui lui donne l’aspect d’une fleur mousseuse et aérienne.

Je sais que cette robe me revient de droit. Mon père a créé une rose à laquelle il a donné mon prénom. Cette robe en est l’incarnation.

J’en ai le souffle coupé, tout est parfait la couleur la forme, le haut s’assemble en totale cohérence avec le bas. L’originalité de la conception, le tissu. Je suis subjugué, et le temps s’arrête.

Ma mère est aussi silencieuse que moi, pourtant au bout de quelques minutes, elle dit « je n’ai jamais rien vu de pareille, c’est splendide ».

Ses paroles me sortent de ma torpeur et je tourne la tête pour regarder ma mère, mais avant de voir son visage, mon regard s’arrête sur la robe à droite de la mienne. De la même facture que sa voisine, je la reconnais tout de suite. C’est la robe couleur du temps que réclame la princesse à son père dans le conte

Peau d’âne. Et me voilà partie dans la féérie de l’enfance où je passais mon temps à me croire une princesse. Je me déguisais avec un rien, les guirlandes de noël avaient beaucoup de succès, et je me trouvais la plus belle, certaine de revêtir de plus beaux atours encore lorsque je serai devenue adulte.

Je me bouleverse à ces ressouvenances. Il n’y a qu’une vitrine entre cette robe et moi entre ma robe et moi. Muraille du château de la belle au bois dormant, j’ai du m’endormir et ne jamais me réveiller. Je me sens si fragile tout d’un coup, j’ai perdu quelque chose de précieux.

Ma mère, que j’ai oubliée, est toujours silencieuse. Comme moi, elle tourne la tête de l’une à l’autre robe et semble hésiter ou bien ne se repait ni de l’une ni de l’autre.

Que pense-t-elle ? Qu’elle n’a pas eu la chance de se glisser dans ce chef d’œuvre ? Que de toute façon, il est trop tard, qu’elle n’a ni la silhouette, ni l’âge pour revêtir cette robe ?

Nous sortons quelques borborygmes et nous trouvons la force de nous détourner de nos rêves. Nous continuons doucement, tout doucement notre chemin en nous rapprochant l’une de l’autre. Renoir nous attend.

Le long de la rue, sur le retour, les vitrines ont perdu de leurs attraits.

Mais je suis de bonne guerre, je n’ai plus l’âge, ni la silhouette, je n’ai pas l’argent ni même l’occasion de me vêtir de cette robe, pourtant là au bout de la rue, dans la vitrine, la robe de couleur rose soutenu recouverte de pétale, c’est la mienne.

January 03

qu'est-ce que j'ai fais, qu'est-ce que je vais faire

2009 s'est éteinte dans la douceur. Le bilan de l'année se révèle nettement plus serein que l'année dernière. Les deux aînés s'en sont allés et même si le départ reste douloureux, les voir évoluer dans leur vie bien enracinés me laisse apaiséé. Reste les frasques du troisième mais un ce n'est pas trois et c'est bien moins épuisant.
Le dernier va bien et son enthousiasme est communicatif. Il nous tire vers je ne sais quoi, et même si nous sommes parfois fatigués de ce mouvement perpetuel, nous le suivons (on n'a pas vraiment le choix).
Je me prends souvent à avoir envie d'un tas de choses aussi différentes que d'essayer un nouveau restaurant, une nouvelle coiffure, une nouvelle vie, une nouvelle ville.
Je lis plus qu'avant, j'écoute de la musique et mon cadeau de noël va me permettre d'en écouter encore plus.
Cette année, je penserai à moi et à lui un peu beaucoup passionément.
Cette année, j'aurais un nouveau statut professionnel.
Cette année, j'ai intérêt à maigrir. A écrire un peu plus, nettement plus et de finir ce foutu roman, planqué dans la mémoire de mon ordi et de la mienne.
Cette année, je vais m'inscrire à la Parisienne, faut que j'm'entraîne.
 
Allez, c'est parti.
 

Bon voyage

A TOUS CEUX QUI PASSENT PAR ICI, PAR HASARD OU BIEN DECIDER A ME LIRE, JE VOUS SOUHAITE UNE BONNE ANNEE 2010.
 
 
 
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